Parcours architectural

Portrait du Baron Georges-Eugène Haussmann par Adolphe Yvon - 1867 Collection du Musée Carnavalet, Paris.Portrait du Baron Georges-Eugène Haussmann par Adolphe Yvon – 1867 Collection du Musée Carnavalet, Paris.

Statue du Baron Georges-Eugène Haussmann par François Cogné - 1889 Boulevard Haussmann, ParisStatue du Baron Georges-Eugène Haussmann par François Cogné – 1889 Boulevard Haussmann, Paris

Les travaux d’Haussman Gravure de Félix Thorigny - Le Monde Illustré - 1860 Source : Bibliothèque NationaleLes travaux d’Haussman Gravure de Félix Thorigny – Le Monde Illustré – 1860 Source : Bibliothèque Nationale

Un Géant de l’urbanisme

Le Préfet de la Seine, Georges-Eugène Haussmann (1809-1891)

La ville

En 1830, Paris, comme la plupart des grandes capitales européennes, ne compte que quelques grandes artères.

Dans son centre – ville, une des plus larges, des plus longues, des plus luxueuses, des plus confortables, grâce à ses proportions imposantes et à son ensoleillement, bref, une des plus belles, est la rue Saint-Honoré qui mesure tout au plus une quinzaine de mètres de largeur.

Le reste de la ville est un labyrinthe de petites rues dont la complexité et l’absence de marquage urbain sont telles que les gens ne quittent que très rarement leur quartier de peur de se perdre.

Même les fiacres se limitent à un périmètre connu, généralement un arrondissement. La ville n’en compte à cette époque que douze. Les eaux usées s’écoulent, en partie, à l’air libre et les sources d’eau potable se limitent souvent à des puits et des fontaines susceptibles d’être contaminés.

L’homme

Georges-Eugène Haussmann est né à Paris le 27 mars 1809. Ce protestant, brillant élève du Collège Henri IV et du Lycée Condorcet fera ses études de Droit tout en étant élève au Conservatoire de musique de Paris. Nommé sous-préfet d’Yssingeaux (Haute-Loire en Auvergne) à 23 ans, il entame ainsi une brillante carrière de haut fonctionnaire qui lui fera visiter la France des chefs-lieux de canton : Nérac, Saint-Girons et Blaye. C’est en 1852 que Napolèon III confie à Georges-Eugène Haussmann, passé à la postérité en tant que « Baron Haussmann », alors préfet de Gironde, dont le travail sur le nouveau plan urbain de Bordeaux en 1852 l’avait impressionné, la charge de faire entrer Paris dans la modernité en le nommant Préfet de la Seine. Entre 1852 et 1870 il va diriger les transformations du Paris du Second Empire en élaborant un vaste plan de rénovation urbaine sur le modèle de Londres.

Avec le culte de la ligne droite et de la perspective, des immeubles identiques et alignés, il amène dans la capitale l’eau, l’espace, l’air, l’hygiène, le confort ainsi que de nombreux parcs, squares et jardins dont, entre autres, le Jardin Zoologique d’Acclimatation. Pour compléter le réseau de grandes avenues dont il voulait irriguer la Ville, il n’hésita pas à faire détruire sa propre maison natale. Au total, il aura rasé ou modifié 60% des immeubles parisiens.

Le projet

Il mène à bien sa mission, en se dotant d’instruments juridiques adéquats (lois d’expropriation et droit de préemption) et d’outils techniques modernes, comme les premières machines de terrassement mécaniques. Il fait l’objet d’attaques violentes, notamment de la part de Jules Ferry qui publie les «Contes fantastiques d’Haussmann» et du député Ernest Picard qui l’accuse d’enrichissement personnel, mais après un contrôle des comptes, son honnêteté ne sera officiellement plus remise en cause. Il sera député de Corse de 1877 à 1881 puis, bonapartiste, rédigera ses «Mémoires» qui resteront un témoignage essentiel de l’histoire de l’urbanisme de Paris. Il meurt le 11 janvier 1891 et est enterré au cimetière du Père Lachaise dans le 20ème arrondissement.

Le Baron Haussmann est certes de grande stature (1 mètre 90), mais c’est surtout son oeuvre qui fait de lui un géant dans l’histoire de l’architecture, de l’urbanisme et du génie civil.

Un célèbre boulevard parisien porte aujourd’hui son nom et l’on peut y voir, au numéro 132, sa statue, oeuvre du sculpteur François Cogné.

Portrait de Jean-Charles Alphand par Alfred-Philippe Roll - 1888 Musée des beaux arts de la ville de ParisPortrait de Jean-Charles Alphand par Alfred-Philippe Roll – 1888 Musée des beaux arts de la ville de Paris

Monument représentant Jean-Charles Alphand - par Aimé-Jules Dalou - 1899 Avenue Foch à ParisMonument représentant Jean-Charles Alphand – par Aimé-Jules Dalou – 1899 Avenue Foch à Paris

Les Compagnons du Géant

L’Ingénieur Jean-Charles Alphand (1817-1891) et l’Architecte Gabriel Davioud (1823-1881)

Le chef d’orchestre

Jean-Charles Alphand (1817-1891), à sa sortie de l’Ecole Polytechnique, rejoint le corps des Ponts et Chaussées dont il sera un des plus brillants ingénieurs. Le Baron Haussmann le nomme à la Direction des Parcs et Jardins en 1853. C’est sous ses ordres que sont aménagés les bois de Boulogne et de Vincennes, le Jardin Zoologique d’Acclimatation, l’ensemble des parcs parisiens, notamment les Buttes-Chaumont, Monceau, Montsouris, les jardins des Champs-Elysées, ainsi que les nombreux squares dispersés dans la capitale, comme ceux des Batignolles, d’Anvers, du Temple ou le square Émile Chautemps.

Cet ingénieur développe un système d’adduction d’eau pour les parcs et jardins, si performant qu’il fonctionne encore 150 ans après.

Il intègre à sa mission la botanique, l’art paysager, la standardisation des mobiliers urbains et la logistique de conduite de chantier, en équipant ses chantiers à chaque fois des meilleurs outils ou en les créant.

Il prend une part déterminante aux préparatifs de l’Exposition Universelle de 1867, en particulier par le nivellement de la colline du Trocadéro, dont la terre sert à aménager le Champ-de-Mars. Il est, en outre, l’un des principaux auteurs du règlement d’urbanisme parisien de 1884. Jean-Charles Alphand est l’animateur de l’équipe qui réunira autour d’Haussmann, l’architecte Gabriel Davioud et le paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps.

Un monument, réalisé par le sculpteur Aimé-Jules Dalou, lui rend hommage sur l’avenue Foch, entre les numéros 17 et 27, dans le 16ème arrondissement de Paris, non loin du Jardin d’Acclimatation.

Le dessinateur

Gabriel Davioud (1823-1881) représente l’éclectisme architectural en vogue sous Napoléon III. Après avoir obtenu le Second Grand Prix de Rome, il est nommé Inspecteur général des travaux d’architecture de la Ville de Paris et Architecte en chef au service des promenades et plantations. Jean-Charles Alphand lui confie le soin de dessiner et de réaliser les kiosques, les vespasiennes, les colonnes Morris, les bancs, les lampadaires et les grilles d’arbres. Le décor de ce mobilier, le plus souvent inspiré du monde végétal, fait entrer la nature dans la ville, comme un prolongement des espaces verts si chers à Napoléon III. C’est le premier programme concerté de mobilier urbain à destination des promeneurs et des piétons, avec celui de Londres. C’est à ce titre que Gabriel Davioud passe pour un pionnier du design urbain.

Il ajoute à ce talent celui d’architecte, en réalisant notamment, en 1858, le Théâtre du Rond-Point des Champs-Elysées, en 1860‑1862, les deux théâtres de style Renaissance italienne de la Place du Châtelet, la Fontaine Saint‑Michel, les grilles du parc Monceau, l’avenue de l’Observatoire en 1867, l’ancien Palais du Trocadéro construit à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1878, encore visible pour celle de 1900 mais qui sera remplacé en 1937 par le Palais de Chaillot. Gabriel Davioud conçoit également les logements et les Fabriques – maisons et enclos abritant les animaux – du bois de Boulogne et de Vincennes. Pour le seul Jardin d’Acclimatation, il construit, l’Aquarium aujourd’hui disparu, les Grandes Écuries, les Fabriques, la Grande Volière, la Magnanerie et le Pavillon Eugénie.

Faisant preuve d’une grande liberté créatrice, il puise et mêle les styles hanséatique, vénitien, gothique flamboyant et oriental. Il invente un genre coloré, spectaculaire, à l’ergonomie parfaite, du plus petit au plus grand bâtiment ou équipement.

Portrait du jardinier – paysagiste, Jean-Pierre Barillet-Deschamps - Archives privées de la Famille BarilletPortrait du jardinier – paysagiste, Jean-Pierre Barillet-Deschamps – Archives privées de la Famille Barillet

Un Jardinier-Paysagiste de Génie

Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873)

Un inventeur et un réformateur

Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873) est le grand jardinier paysagiste du XIXème siècle. Son influence sur le «décor» parisien reste intacte.

Issu d’une famille de cultivateurs girondins, il invente des moyens de reproduction rapide pour les plantes. Dans sa jeunesse, il participe activement à la réforme des prisons pour mineurs, d’une part en créant des jardins d’étude, d’autre part en introduisant de nouvelles méthodes agricoles et horticoles destinées à rendre ces centres de détention auto-suffisants sur le plan alimentaire et donc à améliorer les conditions de vie des prisonniers.

Découvert à Bordeaux par Georges-Eugène Haussmann et Jean-Charles Alphand, respectivement préfet et ingénieur en chef du département de la Gironde, Barillet-Deschamps est nommé par le Baron Jardinier en chef du Service des Promenades et Plantations de la Ville de Paris, placé sous les ordres d’Alphand.

Barillet-Deschamps redessine les bois de Boulogne et de Vincennes, le Jardin du Luxembourg, le Parc Monceau, les Buttes-Chaumont et Montsouris. En 1865, il aménage le jardin anglais du Jardin des plantes du Mans. À Lille, il conçoit le Jardin Vauban et, à Roubaix, le parc Barbieux. Il a aussi dessiné le jardin du Rocher des Doms à Avignon. Il est l’importateur du parc à l’anglaise en France dont il s’inspire pour créer un style caractéristique de l’art des jardins du Second Empire – une composition d’ensemble avec des allées courbes, des mouvements de sols, des rocailles.

Tout en recréant des scènes de la nature, il théâtralise des éléments d’architecture et des «paysages à thèmes». L’apport de Barillet-Deschamps à la conception et à la réalisation du Jardin d’Acclimatation dont il est le paysagiste en chef s’avère déterminant. Il dessine un «parc d’exposition» s’organisant autour d’une grande ellipse ovale avec une rivière et un lac au centre de la composition.

Jean-Pierre Barillet-Deschamps organise cet espace autour des pièces d’eau qui draînent les marais qui méritaient à l’endroit son nom de «Sablons». Il offre des perspectives sur les principaux bâtiments et «fabriques» qui le ponctuent. Cette disposition a permis au Jardin d’Acclimatation de conserver son style d’origine, alors que ses limites ont varié au gré des époques.

La postérité n’a pas assez rendu justice à l’oeuvre exceptionnelle de ce pépiniériste, jardinier et paysagiste que fut Barillet-Deschamps. Il apparaît aujourd’hui comme un véritable poète paysager au style onirique, épique, grandiose et inspiré, dont le chef-d’oeuvre restera le parc des Buttes-Chaumont. Si, en France, il demeure dans une ombre imméritée, il est admiré à l’étranger. Il fut demandé en Italie, en Belgique, en Autriche, en Prusse, et même jusqu’en Égypte. Il meurt à 49 ans au sommet de sa gloire à Vichy. Cent cinquante ans plus tard, nous marchons, rêvons et jouons toujours dans les paysages qu’il a imaginés et élaborés.

La Grande Serre de l’entrée - Illustration B.TschieretLa Grande Serre de l’entrée – Illustration B.Tschieret

La Grande Serre de l’entrée 1860 | Le Palais d’Hiver et son Palmarium accolé en 1880 - Archives nationales, Paris.La Grande Serre de l’entrée 1860 | Le Palais d’Hiver et son Palmarium accolé en 1880 – Archives nationales, Paris.

Le Palais d’Hiver / Palmarium sera accolé à l’arrière de la Grande Serre 20 ans après l’ouverture du Jardin d’Acclimatation - Illustration B.TschieretLe Palais d’Hiver / Palmarium sera accolé à l’arrière de la Grande Serre 20 ans après l’ouverture du Jardin d’Acclimatation – Illustration B.Tschieret

La Grande Serre de l’entrée et le Palmarium

Un étonnant jeu de construction

Une serre sauvée de la destruction

Dès l’origine, une serre est placée à l’entrée du Jardin d’Acclimatation. Il s’agit de celle des frères Lemichez, célèbres horticulteurs qui ont ouvert rue de Villiers, à Paris, un vaste jardin et fait construireune serre appelée «Le Palais de Fleurs». Il n’est pas prévu initialement de l’y installer dans le parc, mais grâce à une souscription lancée par l’Impératrice Eugénie, la structure est rachetée et remontée près du portique d’entrée. Son inauguration le 15 février 1861 est un événement mondain, rehaussé par la présence de l’Impératrice. Le bâtiment, entièrement vitré, est soutenu par trois grandes voûtes parallèles en fer. Dans ce jardin couvert coule une rivière artificielle et indolente, surplombée par une grotte, comme on en retrouve encore une, au bord du lac du Jardin d’Acclimatation, animée d’une cascade en rocaille, qui confère à l’ensemble un caractère sauvage.

A l’arrière, un petit espace chauffé fait office de cabinet de lecture et, à l’avant, une élégante marquise coiffe la grande entrée.

Un bâtiment polyvalent : le Palmarium

Deux décennies plus tard, le Jardin décide de compléter la serre tempérée par un bâtiment couvert, permettant de développer des activités indépendantes des conditions météorologiques. Son architecte, Émile Bertrand, est recruté par Napoléon III et Jean-Charles Alphand qui ont remarqué le Palais d’hiver de Pau qu’il vient de construire.

Abritant des arbres et des plantes tropicales, cette serre chauffée occupe moins du quart de la surface du bâtiment. Le reste se compose de deux salles polyvalentes réparties sur deux niveaux, agrémentées de larges balcons et dédiées aux manifestations publiques (expositions, conférences…) visant à vulgariser les connaissances sur les milieux exotiques que la colonisation fait alors découvrir.

La construction d’un Palmarium s’explique alors par l’intérêt nouveau porté aux contrées tropicales, consécutif à l’expansion et au souci de promotion des empires coloniaux en Afrique et en Asie.

Une vocation du spectacle

Le Palmarium accueille divers types de manifestations, comme un salon des plantes tropicales, une exposition d’avions de guerre pris aux Allemands durant la première guerre mondiale, mais aussi de sulfureuses exhibitions de groupes humains.

La serre tropicale représente l’apogée du jardin d’hiver. Elle est un modèle exemplaire d’une architecture moderne, novatrice, aérienne. Elle est la préfiguration du Grand et du Petit Palais édifiés pour l’Exposition universelle de 1900. Elle fixe la norme des grandes salles d’expositions polyvalentes, qui reste toujours d’actualité cent trente ans plus tard.

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Le Musée des Arts et Traditions Populaires

Le « Louvre du peuple »

La longue marche

Cinquante ans de luttes, la création d’une nouvelle discipline scientifique, la rencontre en 1953 d’un pionnier des sciences humaines et d’un architecte primé sont nécessaires pour donner naissance, dans le Jardin d’Acclimatation, au projet du Musée des Arts et Traditions Populaires. Georges-Henri Rivière (1897-1985) est habité toute sa vie par l’idée de « créer un espace muséal pour donner une vitrine à l’ethnologie ». Dès 1937, il crée, au sein du complexe du Trocadéro, une section ethnographique, avant de fonder et de diriger, vingt ans plus tard, le Musée des Arts et Traditions Populaires.

C’est Jean Dubuisson (1914-2011), Grand Prix de Rome et architecte des Bâtiments civils et Palais Nationaux, participant activement au vaste programme de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, bâtissant plus de 20 000 logements sociaux, notamment à Saint-Germain en Laye (1948), à Croix (1952-1956), à Saint-Lô (1953), à Roubaix (1954-1962) qui va reconstruire ce bâtiment étrange dont certains disent qu’il ressemble à «une boîte d’allumettes dressée sur un paquet de cigarettes». Sa brillante carrière est couronnée en 1996 par le Grand Prix d’Architecture.

En 1952, Georges-Henri Rivière initie un projet de musée de plein air, réparti en une série de constructions et représentant les régions de France. Censé occupé toute la surface du Jardin, ce projet n’aboutit pas…

Un musée nouveau

Lorsqu’en 1954, on propose à Georges-Henri Rivière et à Jean Dubuisson d’installer un espace ethnographique dans le Palmarium, ils envisagent une alternative architecturale, car ce bâtiment est vétuste, n’ayant pas été rénové depuis 1925, et son agencement intérieur en grandes salles s’avère inadapté à un musée moderne, conçu pour des expositions et équipé d’un centre de recherche et d’une bibliothèque. Ils proposent alors la construction d’un nouveau bâtiment sur l’emplacement du Palmarium. Ouvert en 1975, le Musée des Arts et Traditions Populaires est conçu comme un «muséelaboratoire» qui associe conservateurs et chercheurs. Il offre une vision synthétique de la société et de la culture du monde rural et artisanal français.

Il est fermé en 2005 et ses riches collections sont transférées au Musée des Civilisations d’Europe et de Méditerranée (MuCEM) à Marseille.

Le bâtiment, placé sous la responsabilité du Ministère de la Culture, est la propriété de la Ville de Paris.

Le Musée des Arts et Traditions Populaires

Comment naissent les musées ?

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Un Musée avant-gardiste

Le Musée des Arts et Traditions Populaires se compose de deux éléments, d’une part, une vaste dalle rectangulaire abritant le musée et, en sous-sol, des réserves ainsi qu’un vaste auditorium dont la façade claire court sur 130 mètres et, d’autre part, une tour de 30 mètres de haut réservée au centre de recherches et à la bibliothèque, abritant au dernier étage un petit auditorium, ce qui souligne le caractère scientifique de cet établissement original.

Ouverte et transparente, la forme architecturale du musée s’inspire des réalisations du Brésilien moderniste Oscar Niemeyer (1907-2012) ou du fonctionnaliste germanoaméricain Ludwig Mies Van der Rohe (1886-1969). L’entrée du musée, accessible par une volée de marches sans rampe, est linéaire et lumineuse, rappelant le «desert modernism», style architectural californien d’après-guerre alliant l’espace et le confort à la fonctionnalité.

Vitrines magiques

Centré sur les techniques et les modes de vie et de travail dans les campagnes françaises du début du XIXe siècle aux années 1960, le musée organise également des expositions temporaires traitant d’aspects culturels contemporains. Se souciant de valoriser l’objet, Georges-Henri Rivière invente des méthodes originales de présentation des collections, au point d’être surnommé le «magicien des vitrines».

Il élabore par exemple des «unités écologiques», en reconstituant des lieux spécifiques, comme une laiterie de l’Aubrac ou une forge du Queyras.

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Le Pigeonnier

L’Art de la guerre dans les airs

Un enjeu stratégique

Soixante kilomètres par heure, c’est la vitesse qui, dans les transmissions militaires en 1860, différencie la victoire de la défaite. Et ce n’est pas un véhicule qui permet d’atteindre cette vitesse – il faudra encore patienter 50 ans – mais… un pigeon.

Ce volatile devient alors un auxiliaire militaire et bénéficie, à ce titre, d’installations spécifiques.

Le chef-d’oeuvre de la colombophilie

Alors qu’il a été construit après le siège de Paris, en 1870, la légende de la IIIème République naissante et, en parfait anachronisme, y décrit rapidement Léon Gambetta envoyant des messages à l’Armée de la Loire, censée dégager la capitale des troupes prussiennes, avant que le fameux tribun, ne la rejoigne en ballon.

Le Pigeonnier du Jardin d’Acclimatation est un chef-d’oeuvre d’ergonomie fonctionnelle : un carré, deux cercles concentriques et un arc de cercle en matérialisent le plan. D’une hauteur de 25 mètres et d’un rayon de 8 mètres, cette tour en brique se structure autour d’une armature métallique cerclée. Les alvéoles en ciment armé sont montées en cylindre.

La conception du bâtiment vise à optimiser les performances des pigeons. L’édifice bénéficie d’un monte-charge, mais de la taille d’une cage à pigeon ; les hommes doivent utiliser un étroit escalier à vis d’un rayon de 160 cm. L’espace ainsi dégagé est récupéré pour l’installation d’une centaine de boulins par étage, soit quatre cents au total, et pour l’aménagement de larges ponts d’envols sur quatre niveaux disposant chacun de quatorze guichets.

Un avenir radieux

Au regard des progrès accomplis par la science depuis 150 ans, on serait tenté de sourire. Or, une étude de la faculté de biologie de l’Université de Francfort a établi, en 1995, que l’aptitude des pigeons à s’orienter réside dans leur perception des champs magnétiques terrestres et que ce sont les seuls animaux domesticables doués de cette qualité.

N’est-il pas réconfortant de savoir que, même si toute notre technologie de communication complexe vient à connaître des problèmes, le Pigeonnier du Jardin d’Acclimatation veille, tel un bon géant, prêt à être remis en service ?

Coupe du bâtiment en 1860

Coupe du bâtiment en 1860

Élévation du bâtiment en 1860Élévation du bâtiment en 1860

Plan du bâtiment en 1860 - Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand Ed et J.Rothschild, Paris 1867-1873Plan du bâtiment en 1860 – Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand Ed et J.Rothschild, Paris 1867-1873

Gravure de Provost parue dans L’Illustration en 1860 - Bibliothèque Nationale de France, département des périodiquesGravure de Provost parue dans L’Illustration en 1860 – Bibliothèque Nationale de France, département des périodiques

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L’Aquarium

Une vitrine sur un nouveau monde

Une découverte extraordinaire

A la pointe des innovations techniques et scientifiques, le Jardin d’Acclimatation ouvre en 1861 un aquarium magnifique, plus grand et plus moderne que celui de Londres. Il sera détruit en 1950.

C’est la première fois en France que la nature sauvage et inconnue des océans s’invite sur terre. Vers 1855, la communauté scientifique britannique, à laquelle appartient l’ingénieur William Alford Lloyd (1826-1880), met en place un nouvel appareil d’étude du monde sous-marin, l’Aquarium, qui permet de conserver dans un environnement stable des espèces diverses de la flore et de la faune aquatiques. Cet ingénieur de génie invente un système complexe de filtrage et de circulation permettant de restituer les propriétés de l’eau de mer. Ce système reste un standard dans la conception d’aquariums.

L’aquarium connaît rapidement une forte popularité, notamment en France. Désigné sous le terme d’«aquarium mania», cet engouement persiste durant toute la décennie 1860.

La théâtralisation de la nature

L’aquarium du Jardin d’Acclimatation se compose de quatorze bassins. Les bacs mesurent 1 mètre 80 de long sur 1 mètre de large. Dix bassins sont remplis d’eau de mer et quatre d’eau douce. Une mise en scène et en lumière met en valeur les poissons de mer et de rivière. Pour la première fois, les visiteurs peuvent découvrir, loin du littoral, des poissons de mer vivants. Jusqu’alors, ils n’avaient que la possibilité de les voir au Jardin des Plantes sous une forme naturalisée ou plongés dans un bain de formol qui ternit leurs couleurs.

Gabriel Davioud a conçu un bâtiment-couloir capable d’accueillir un grand nombre de visiteurs. Cette galerie spacieuse est ouverte aux extrémités, ce qui fluidifie le flot des visiteurs. Il recrée, en quelque sorte, un cours d’eau coulant le long des bassins. La perception aiguë du contexte et de la fonction du bâtiment concourt à faire de l’aquarium la principale attraction du Jardin d’Acclimatation, pendant ses premières années d’exploitation.

Un spectacle édifiant

Le premier directeur du Jardin, Etienne de Rufz de Lavison (1806-1884), tire aussi un enseignement moral de l’observation des animaux marins : «Que d’attaques, que de poursuites, que de chocs et de combats, entre ces êtres qui se dévorent et qui vivent les uns des autres ! Malheur aux vaincus, aux blessés, aux faibles ! La pitié, la miséricorde sont des sentiments inconnus du monde animal. Ce spectacle fait apprécier les sociétés humaines qui sont d’autant plus parfaites que le faible y trouve plus de protection. Si La Fontaine vivait de nos jours, il serait un des visiteurs les plus assidus de l’aquarium, et qu’au sortir du Jardin d’acclimatation, il ne manquerait pas demander à tous ceux qu’il croiserait : Avez-vous vu l’aquarium ?»

La CascadeLa Cascade

La Petite Falaise du PotageLa Petite Falaise du Potage

Le Rocher aux DaimsLe Rocher aux Daims

Le style rocaille

La Cascade, Le Rocher aux Daims et la Petite Falaise du Potager

La lente construction

Pour construire jusqu’au XIXème siècle, on utilise un liant de construction pour assembler les pierres : le mortier de chaux. Les conditions d’utilisation du mortier de chaux sont contraignantes. Il lui faut jusqu’à six mois pour sécher et durant cette période, il est sensible aux variations thermiques notamment entre l’été et l’hiver. C’est l’une des raisons de la lenteur à construire en pierre jusqu’au XIXème siècle. Le temps moyen de construction d’un château entre le Xème et le XVème siècle est de cinquante à cent ans.

Un nouveau liant

En 1844, Joseph Monier (1823-1906) dépose un brevet pour un nouveau liant pour la construction, appelé ciment rapide, qui sèche en quelques heures, soit à peu près mille fois plus vite que le mortier le plus lent.

Ainsi, la construction du Palmarium du Jardin d’Acclimatation, dont les proportions et les volumes sont imposants, n’a nécessité que trois ans et demi, soit trente fois moins longtemps que ce qui était observé à l’époque pour ce type d’édifice. Cette invention d’un chimiste solitaire révolutionne la construction, la chimie et la physique. Jusque dans les années 1870, le ciment rapide est souvent utilisé pour créer des éléments décoratifs extérieurs résistants aux intempéries. Il devient ensuite le précurseur du béton armé, qui libère l’architecture, en réduisant considérablement le poids des constructions et permettant de multiplier la portée des structures.

Un style décoratif et spectaculaire

Allié à la pierre, aux armatures ou aux grillages métalliques ployés, le ciment rapide donne naissance à un genre architectural éphémère, la rocaille qui transpose des éléments de la nature dans les décors et les accessoires urbains. S’inscrivant dans le contexte de l’industrialisation de la construction, il conjugue la simplicité technique à une certaine beauté esthétique et contribue à théâtraliser l’environnement. L’étanchéité et l’apparence pierreuse du ciment rapide permettent de reproduire des cascades, des rochers, des falaises, comme les Buttes-Chaumont et d’autres parcs parisiens en laissent apparaître.

Les rocailles du Jardin d’Acclimatation

Le Jardin d’Acclimatation compte trois exemples remarquables de rocailles : la Cascade, le Rocher aux Daims et la Petite Falaise du Potager. La Cascade est équipée d’un système d’adduction d’eau conçu par Jean-Charles Alphand. Dominant un enclos de 1800 m², le Rocher aux Daims mesure 8 mètres de haut. Il est bâti avec des blocs de grès autour d’une «fausse grotte» au centre. A sa base, des petits redents soutenus par des pierres en ligne dessinent des terrasses successives où les animaux peuvent se tenir à plat pour se faire admirer des visiteurs. Autour de cette montagne imaginaire, une forêt sombre de pins forme un grand bosquet qui se prolonge jusqu’à l’allée Alphand.

Vue des Grandes Écuries depuis le plan d’eau - Archives municipales de Neuilly-sur-SeineVue des Grandes Écuries depuis le plan d’eau – Archives municipales de Neuilly-sur-Seine

Élévation du bâtiment en 1860Élévation du bâtiment en 1860

Plan du bâtiment en 1860 Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand - Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873Plan du bâtiment en 1860 Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand – Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873

Coupe du bâtiment en 1860 - Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand - Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873Coupe du bâtiment en 1860 – Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand – Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873

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Les Grandes Écuries

L’Arche de Noé

Comme un décor de fond de scène

Réalisées en 1860 par Gabriel Davioud, les Grandes Ecuries sont traitées de manières nobles et spectaculaires. Longues de 48 mètres et larges de 9 mètres, elles hébergent jusqu’à trente espèces animales différentes. Cette diversité est déjà un spectacle en soi. Dans quinze boxes de dimensions variées se côtoient différents animaux d’attelage dont les exotiques et domestiqués, buffles, hémiones, autruches et zèbres qui sont utilisés pour promener les visiteurs. Durant la journée, ces mammifères s’ébattent dans les cours et les parcs environnants. Ils sont soignés dans une infirmerie vétérinaire située à l’arrière du bâtiment.

Le premier étage est occupé par des incubateurs d’oeufs qui assurent la reproduction et la vente des oiseaux. Orientées comme un plateau de théâtre visible de tout le Jardin, les Grandes Ecuries sont dotées en leur centre d’un pignon coiffé d’une horloge, percé de baies à meneaux et orné d’un balcon, où se distinguent les influences vénitiennes et hanséatiques. Les baies, montants et voussures sont encadrés de pierres ouvragées.

De nos jours, le bâtiment abrite le Centre Équestre du Jardin, riche d’une cinquantaine de poneys et de chevaux, ainsi qu’un théâtre de Guignol gratuit, seul de son espèce à Paris.

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Gravure parue dans «L’Illustration» en octobre 1888 Bibliothèque Nationale de France, département des périodiques.Gravure parue dans «L’Illustration» en octobre 1888 -Bibliothèque Nationale de France, département des périodiques.

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Le Cercle Hippique

Un lien avec le Bois de Boulogne

Une double fonction

En 1873, un cercle hippique de style néo-mauresque est construit à proximité des Grandes Écuries et communique avec le parc. Ce complexe héberge également les éléphants et les girafes du Jardin d’Acclimatation.

Un lieu de rencontre de la bonne société

L’équitation est alors autant un loisir mondain, un sport qu’un moyen de déplacement. Outre des salles pour les cavaliers, le Cercle est doté, au-dessus des manèges, de larges mezzanines accueillant le public fourni qui assiste aux concours hippiques, aux ventes de chevaux et d’animaux exotiques du Jardin.

Il est aujourd’hui séparé du parc par un mur disgracieux et géré par la Société d’Equitation de Paris.

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Fabrique du marabou Gravure de E.Hochereau pour Les promenades de Paris» de J-C.Alphand - Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873Fabrique du marabou – Gravure de E.Hochereau pour Les promenades de Paris» de J-C.Alphand – Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873

Fabriques des buffles et lamas Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand - Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873Fabriques des buffles et lamas – Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand – Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873

La Petite Ferme

L’invention d’une iconographie originale

L’imagination au pouvoir

La Petite Ferme ou «ferme décor» est le résultat d’un siècle de constructions pour animaux, appelées «fabriques» dont le style est un joyeux mélange de diverses influences. Leurs concepteurs essayaient d’imaginer à quoi pourrait ressembler la maison d’une antilope, d’un lama, d’un tatou… L’originalité et le réalisme de ces bâtiments – ils sont à l’échelle des animaux qu’ils abritent – en font des références iconographiques que l’on retrouve régulièrement dans les livres pour enfants et les dessins animés.

Un environnement précurseur

Il est intéressant de noter que le Jardin d’Acclimatation, dès son ouverture, attribue à chacun des animaux un espace autour de sa maison. Chaque enclos est limité par un grillage ajouré qui permet aux pensionnaires de percevoir l’environnement boisé.

C’est au Jardin d’Acclimatation qu’est inventé en 1860 le parc zoologique moderne où le bien-être animal constitue un facteur déterminant du succès.

Un décor en réduction

De style anglo-normand, la Petite Ferme du Jardin d’Acclimatation, bâtie en 1972, est dédiée aux jeunes visiteurs, qui, d’un coup d’oeil, embrassent l’ensemble des sept bâtiments, volontairement sous-dimensionnés.

Cette ferme à l’échelle 4/5ème est donc réservée aux enfants. Les maisons sont largement ouvertes, afin de favoriser l’observation des animaux, même quand ils sont à l’abri. Quant aux mangeoires, elles sont conçues comme des éléments du spectacle d’une ferme et sont donc placées de façon visible.

Une nature inspirée des paysages du XIXème siècle

Concrétisant l’image champêtre et idyllique véhiculée par la peinture du XIXème siècle, la Petite Ferme, bordée par un étang, est le paradis des oiseaux et des bovins. De cette manière, les citadins tentent de se réapproprier la nature qui investit la ville. C’est pourquoi ses maisons évoquent le style anglo-normand, reconnaissable aux façades à colombages, aux toits de chaume et à l’habillage de jonquilles aux faîtages. Unique en son genre, cette ferme pédagogique reste la seule en activité à proximité de Paris. Elle abrite aujourd’hui près d’une centaine de mammifères, bêtes domestiques en général, seuls représentants, avec les oiseaux du règne animal, les fauves, les singes et les grands herbivores n’étant plus montrés au Jardin d’Acclimatation.

Détail de la structureDétail de la structure

Détail de ferronnerieDétail de ferronnerie

Coupe du bâtiment en 1860Coupe du bâtiment en 1860

Élévation du bâtiment en 1860Élévation du bâtiment en 1860

Plan du bâtiment en 1860 Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand - Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873Plan du bâtiment en 1860 – Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand – Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873

La Grande Volière

Innovation et Acclimatation

Un exploit technique

Gabriel Davioud dessine et réalise en 1860 cette structure monumentale : sa longueur totale atteint 63 mètres, sa hauteur culmine à 6 mètres et sa surface couvre 700 m². Elle abrite seize loges closes et couvertes donnant sur les cages grillagées. L’ensemble repose sur une dalle hors-sol en ciment aggloméré imperméable, sur laquelle sont montés des murs, à l’arrière et sur les côtés.

La Grande Volière est installée dans un repli de terrain, abritée au nord par un mur qui sert d’appui à l’édifice, ce qui la protège de l’humidité. Davioud apporte un soin particulier à l’aspect des cages, en les embellissant de ferronneries décoratives, comme des faîtages, en les nichant dans des environnements végétaux luxuriants, en les ornant de grands bassins.

Un précurseur de la reproduction en captivité

La Grande Volière est un temple de la conservation des oiseaux en captivité. Dès sa création, elle dispose d’une installation rare pour l’époque, des « fabriques nursery » qui accueillent les oisillons. Son niveau exceptionnel de confort lui permet d’être, en effet, le lieu de nombreuses naissances. En 1866, on y élève, reproduit et héberge jusqu’à mille cinq cents faisans qui servent à repeupler les domaines de chasse.

La Grande Volière n’a jamais changé de fonction. Aujourd’hui, elle continue d’abriter deux cents oiseaux, sans compter tous les autres volatiles qui se promènent en liberté dans le parc, paons, oies Bernache, canards…

Coupe du bâtiment en 1860Coupe du bâtiment en 1860

Plan du bâtiment en 1860 - Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand - Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873Plan du bâtiment en 1860 – Gravure de E.Hochereau pour «Les promenades de Paris» de J-C.Alphand – Ed J.Rothschild, Paris 1867-1873

Élévation du bâtiment en 1860Élévation du bâtiment en 1860

Façade arrièreFaçade arrière

Façade avantFaçade avant

La Magnanerie

Un laboratoire de recherche

Un pari industriel

S’inscrivant dans le cadre de la révolution industrielle et scientifique qui transforme la France dans la seconde moitié du XIXème siècle, la Magnanerie répond à la vocation première du Jardin : l’acclimatation. Elle contribue au développement de la soie, qui est encore un tissu précieux mais dont la demande est en croissance constante.

Un centre de recherche fondamentale

C’est encore à l’architecte Gabriel Davioud que nous devons ce centre de recherche moderne et performant où eurent lieu de nombreuses expérimentations d’acclimatation des vers à soie sur diverses essences d’arbres, telles que le chêne, l’ailante ou le ricin.

Les résultats de ces expérimentations sont suivis avec attention par l’industrie textile de l’époque. Davioud élabore en 1860 un bâtiment palladien de 120 m2, long de 15 mètres et large de 8 mètres, d’une hauteur sous-plafond de 4 mètres augmentée d’une charpente de 4 mètres soit plus de 8 mètres sous faîtage. Le plafond est encore équipé d’un système mécanique qui permettait de déplacer des charges rapidement grâce à des rails fixés sous la charpente.

Les mûriers sont cultivés sur des comptoirs et où la lumière est modulée par des fenêtres et trois grandes portes. Cette disposition permet aux employés et au public d’observer l’intense activité des vers et la complexité merveilleuse de la fabrication de la soie.

En raison de sa grande fonctionnalité architecturale, cette élégante maison est reconvertie d’abord en pavillon d’exposition, puis, de nos jours, en accueillant un salon de thé, dont la façade est agrémentée de deux grosses lanternes parisiennes.

Vue d’ensembleVue d’ensemble

Maison de Thé de Mademoiselle Li - 1er étageMaison de Thé de Mademoiselle Li – 1er étage

Le jardin école de la cour intérieureLe jardin école de la cour intérieure

Bureau du Président du Jardin d’Acclimatation(Rez-de-chausséeBureau du Président du Jardin d’Acclimatation(Rez-de-chaussée)

Le Pavillon Eugénie

Un bâtiment classique de style Davioud

Construit avant 1850 et donc antérieur aussi bien à l’aménagement du bois de Boulogne qu’à celui du parc, maison forestière édifiée à la lisière des marais mal draînés – « les Sablons » – qui constituaient, au début du XIXème siècle, le paysage de l’ouest parisien à proximité de la Seine, réservé à l’origine à l’administration du Jardin, dont il abrite encore la direction, ce pavillon d’un étage est un parfait exemple du style développé par l’architecte Gabriel Davioud

La façade de 30 mètres de large et d’une hauteur de 7 mètres sous corniche est constituée de briques appareillées de deux couleurs en bandes horizontales, à l’instar des Grandes Ecuries du Jardin et des pavillons-logements dispersés dans le bois de Boulogne. Les encadrements de portes, les balcons, les fenêtres et les bossages sont en pierre vermiculée et décorée de petites stries sinueuses évoquant la trace d’un ver dans la terre. Ajouté ultérieurement, le bâtiment situé entre le pavillon et l’allée principale est couvert de treillages sur toute la hauteur. La large avancée de son toit est parcourue d’une frise en bois découpée, caractéristique de l’architecture de l’époque. Ce pavillon aux fenêtres ornées de géraniums, constitue à lui seul une calme promenade vers le passé, un saut dans le temps avec la douce impression de se retrouver au coeur d’une province tranquille de la IIIème République naissante.

Une vocation pédagogique

En 1860, le bâtiment abritait à l’étage le jardin d’expériences de l’Impératrice Eugénie. Il est aujourd’hui remplacé par une Maison de Thé chinoise. Dans les bâtiments annexes qui entourent une jolie cour intérieure, de nombreux ateliers sont proposés aux enfants et à leurs parents : théâtre, peinture, cuisine, parfum, magie… Ils constituent une première initiation à l’univers des arts, de la science et à la compréhension de la nature.

Au coeur de l’îlot bâti se cache un jardin où on peut découvrir la richesse d’un potager et la diversité des plantes aromatiques renouant ainsi avec l’une des vocations originelles du Jardin : celle d’acclimater la flore.

En 1877, le « Livret guide officiel du Jardin d’Acclimatation » indique que ce bâtiment abritait « des bureaux auxquels le public doit s’adresser pour l’achat d’animaux, de volatiles, d‘oeufs, de plantes, pour les abonnements, les billets et pour tous les renseignements en général ». Aujourd’hui, il héberge l’accueil du Jardin d’Acclimatation. Des hôtesses sont à la disposition du public afin de donner toutes les informations nécessaires à une bonne visite du parc, de fournir guide et plan du Jardin ainsi qu’une boîte de premiers secours. Cet accueil est joignable au 01 40 67 90 85.